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Mal aigu des montagnes

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Le MAM est le signe d'une acclimatation incomplète de l'organisme à l'altitude. Il peut être bénin, mais les complications peuvent devenir graves (œdèmes pulmonaires Œdèmes cérébral..). La seule condition de survie en cas d'œdème pulmonaire ou cérébral c'est la redescente. Un passage par le caisson hyperbare peut s'imposer avant la redescente.

Il peut être utile de préciser la différence entre ces 2 oedèmes :

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Le MAM touche à des degrés divers, toutes les personnes qui participent à des trekkings ou expéditions en altitude.

  • Bénin (le plus souvent) : mal de tête, œdème localisé (gonflements).
  • Grave : OCHA, OPHA qui mettent en jeu la vie des sujets atteints.

Idées fortes : Tout malaise ou symptôme en altitude doit à priori être considéré comme un défaut d'acclimatation.
Idées fausses
 : Mal de tête (soleil, alcool, ...), nausée (indigestion, nourriture inhabituelle,...), insomnie (inconfort).

Le MAM n'est ni une malédiction, ni une tare. Ce n'est que le signe d'une acclimatation incomplète à l'altitude. Un sujet sur deux est atteint de MAM bénin, un sur cent de complications graves (OCHA, OPHA).

Signes cliniques :

Les troubles surviennent 4 à 8 heures après l'arrivée en altitude et le plus fréquemment à partir de 3500m. Ils sont caractérisés par un ensemble associant

  • Maux de tête (96% des cas)
  • Insomnies (70% des cas)
  • Perte d'appétit (38% des cas)
  • Nausées (35% des cas)

Bien souvent sont associés un essoufflement de repos et parfois des vertiges. Ce "mal d'adaptation" peut également se traduire par des œdèmes localisés (yeux, visage, mains, chevilles). Certains sujet notent eux-mêmes une diminution du volume de leurs urines.

Un score peut être établi à partir signes observés, en faisant le total des points :

  • céphalées
  • nausées
  • insomnies
  • vertiges .......................................1 point
  • céphalées de cédant  pas à l'aspirine
  • vomissements ................................2 points
  • essoufflement au repos
  • fatigue anormale ou importante
  • baisse de la diurèse ..........................3 points
  • De 1 à 3 points >  MAM léger > Aspirine ou Paracétamol
  • De 4 à 6 points >  MAM modéré > Aspirine, repos et stopper la progression en altitude
  • > à 6 points  >  MAM sévère > Descente ou caisson hyperbare

Idées fausses : œdème = arrêter de boire, prendre des diurétiques
Idées fortes
 : des boissons abondantes facilitent l'adaptation. Il faut boire suffisamment pour que les urines soient claires.

Ne pas méconnaître les signes du MAM

Le MAM ne doit pas être méconnu ni caché. Souvent par ignorance, on incrimine l'inconfort du refuge, le changement de nourriture, la fatigue pour expliquer ces malaises. Beaucoup croient qu'il s'agit de signes de faiblesse et cachent leurs troubles. Les meilleurs alpinistes ressentent le MAM, comme les meilleurs marins le mal de mer !

Si vous ressentez quelques-uns de ces troubles, votre acclimatation à l'altitude est encore incomplète.

Que faire ? Prenez 1 gramme d'aspirine ou de paracétamol : les signes s'estompent, vous pouvez continuer à monter ; ils persistent, arrêtez-vous jusqu'à ce qu'ils diminuent. S'ils s'aggravent, redescendez jusqu'à ce qu'ils disparaissent, et remontez avec prudence. Ne prendre aucun autre type de médicament.

Si le MAM est sévère, la meilleure solution est de placer le sujet une heure dans un caisson hyperbare.

Que risquez-vous ?

Tous ces troubles vont disparaître dès que vous redescendrez :

Si la descente est proche ou si le séjour en altitude ne dépasse pas 48 heures, vous n'aurez que l'inconvénient d'avoir gâche une nuit ou une journée. Si la progression en altitude doit continuer ou si le séjour se prolonge, il faut absolument parfaire votre acclimatation pour ne pas risquer les 2 accidents exceptionnels mais redoutables de la haute altitude : le OPHA et le OCHA.

L'œdème pulmonaire de haute altitude (OPHA) est marqué par une sensation d'étouffement, une respiration bruyante. Les lèvres et les oreilles deviennent bleues (cyanose), des crachats mousseux, parfois roses peuvent apparaître. Il survient souvent la nuit après une journée d'efforts intenses. La fatigue est intense, parfois une toux sèche vient faire croire à un début de bronchite.

L'œdème cérébral de haute altitude (OCHA) est caractérisé par une lassitude extrême, des vomissements parfois brutaux et en jet. Le mal de tête devient épouvantable et n'est plus calmé par l'aspirine. Les sujets ont de la peine à tenir debout, ils ont des vertiges, et peuvent avoir un comportement bizarre. Le coma s'installe rapidement. Parfois il y a des troubles de l'équilibre ou seulement des troubles du comportement.

Dans ces 2 cas, l'urgence est extrême, la redescente ou la mise en caisson hyperbare avant la redescente est impérative. Le passage en caisson permet de descendre dans de bien meilleures conditions et parfois de le guérir. En cas d'OPHA, la prise de bloqueurs calciques semble efficace. Dans les 2 cas, l'injection la plus précoce possible de corticoïdes est souhaitable.


Idées fortes (3 règles d'or)

  1. Ne pas monter trop vite trop haut, en moyenne 400 mètres entre chaque nuit au dessus de 3500 m en début de séjour.
  2. Pour les hauts sommets
  3. Monter suffisamment haut pour s'acclimater.
  4. Ne pas rester trop haut, trop longtemps.

(Sources : Santé et Altitude - ARPE 2001 5ème édition)

Conclusion

L'acclimatation et le respect de certaines règles propres à la très haute altitude sont les seuls facteurs clés de réussite. Il ne faut pas brûler les étapes et ne pas progresser de plus de 300 en altitude par jour sauf sur les derniers camps de très haute altitude.