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L'acclimatation

L'air en haute altitude

Au sommet de l'Everest ou au niveau de la mer, l'air contient la même proportion d'oxygène, soit environ 20%. Cependant, la pression atmosphérique (densité de l'air) n'est pas la même. Elle diminue à mesure que l'altitude augmente. Au sommet du Kala Pattar, point culminant du trek de l'Everest, la densité de l'air équivaut à 50% de celle se trouvant au niveau de la mer.

Processus d'acclimatation

L'air étant moins dense en haute altitude, chaque inspiration fait pénétrer moins de molécules d'oxygène dans le sang. L'organisme est capable de s'adapter à cette raréfaction de l'oxygène si on lui en donne le temps.

À 3 000 mètres, le corps s'ajuste d'abord par une augmentation de la fréquence respiratoire : la respiration devient plus rapide et plus profonde pour mieux oxygéner le sang. La fréquence cardiaque s'accélère. Après quelques jours, l'organisme produit en plus grande quantité des globules rouges afin de transporter plus efficacement l'oxygène aux tissus pour combler le déficit. La rapidité avec laquelle le corps s'ajuste ainsi à l'altitude est principalement génétique : elle varie donc d'un individu à l'autre.

Santé et altitude

Il faut monter suffisamment haut pour s'acclimater. Cette règle concerne le choix du camp de base qui devra être situé entre 4 800 et 5 200 m d'altitude. L'organisme a besoin d'avoir été confronté à une altitude suffisante pour stimuler ses mécanismes de défense contre le manque d'oxygène. Le camp de base de l'Everest est fixé d'avance sur les 2 versants, il est à 6300m sur le versant tibétain ce qui est très haut et pose des problèmes car il faut DEJA être acclimaté avant d'arriver d'autant plus que la marche pour y arriver est très réduite (2 jours). Il faut absolument s'acclimater avant d'y arriver en multipliant les séjours en altitude pendant le voyage vers le camp de base depuis le NEPAL. C'est possible pendant les 10 jours d'arrivée au camp de base car pendant les jours de repos à Nyalam et à Tingri il y a des sommets environnants qu'il faut gravir et qui font monter déjà à 5500 voire 6000m.

En altitude et encore plus en très haute altitude, il faut être très attentif à son corps et aux signaux que peut vous envoyer votre corps. Il faudra encore plus respecter les conditions d'hygiène et d'alimentation pendant l'effort sous peine d'être victime d'un coup de pompe lors de l'ascension. Il faudra préserver son capital pour les moments décisifs de l'ascension qui sont les dernières heures et la redescente.

 

Au delà de 5500 mètres

Aucune population ne vit au dessus de 5500 m d'altitude. A cette altitude, l'organisme se dégrade de façon irrémédiable. (Pertes de poids, de muscles, de neurones...). Il faut donc éviter les séjours prolongés en très haute altitude et privilégier la redescente vers les camps inférieurs plutôt qu'une attente prolongée en camp d'altitude.

La brochure « santé et altitude » éditée par l'ARPE (Association pour la Recherche en Physiologie de l'Environnement) identifie 4 phases dans le processus d'acclimations :

  1. phase blanche : pas de signes anormaux dans les 48 heures après un gain d'altitude

  2. phase d'acclimatation : quelques jours pendant lesquels on pourra souffrir du MAM (mal aigu des montagnes) et où se développeront les mécanismes d'acclimatation. Il faut s'abstenir de fournir des effort de haute intensité.

  3. Phase d'acclimatement : c'est la phase optimale où l'organisme est acclimaté et encore performant : de 1 à 4 semaines

  4. Phase de dégradation : l'organisme perd progressivement de son efficacité et s'épuise pour des efforts de plus en plus faibles.